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Face aux défis de l’heure: Tshisekedi et Ambongo prêchent la cohésion nationale

C’est en présence du couple présidentiel, venu expressément après sa visite en Allemagne, et dans un stade des Martyrs acquis à sa cause, que le Cardinal Fridolin Ambongo a célébré sa messe de présentation, depuis qu’il a été élevé à ce poste par le Pape François. C’était sous le témoin du Cardinal Laurent Monsengwo Pasinya, du Nonce apostolique, des évêques, prêtres, religieux et religieuses, fidèles catholiques et d’autres invités de marque.

Son homélie a été tirée de Malachie 3,19, de la deuxième lettre de Saint Paul aux Thessaloniciens 3,7-12 et de l’Evangile de Luc 21,5-19. L’occasion faisant le larron, le Cardinal n’a pas ignoré le contexte politique de l’heure, caractérisé par la guéguerre FCC et CACH.

« Il n’est pas normal dans ce contexte de communion, de sursaut de nationalisme, qu’il y ait encore certains de nos frères et de nos sœurs qui passent leurs temps à se quereller autour des futilités. En réalité, le peuple est fatigué des querelles politiciennes complétement inutiles. Le temps des querelles est révolu. Il y a de nouveaux responsables qui sont en charge. Et quand vous êtes en charge, ne passez pas votre temps à vous quereller inutilement autour des futilités », a lancé le cardinal fridolin Ambongo.

Il les appelle à privilégier l’intérêt général et l’amélioration des conditions de vie des populations. « Le sens de responsabilité veut que nous mettions de côté nos petits intérêts partisans et égoïstes pour nous concentrer et nous engager sur l’essentiel qui est l’avenir de notre peuple. Nous devons chercher comment créer ensemble les conditions d’un nouvel avenir rassurant pour notre peuple qui n’a que trop souffert. Au-delà de nos divergences légitimes, nous réussirons ce pari si nous nous mettons ensembles autour des valeurs fondamentales qui fondent une vraie nation : la justice et la paix, la fraternité sans frontières et la communion, l’entente et la concorde, l’honnêteté et la vérité, surtout l’attention aux pauvres et aux plus petits », a recommandé le cardinal Ambongo.

Il en a profité pour évoquer quelques défis actuels de la société dont la gratuité de l’enseignement primaire. « Je salue et encourage avec une grande joie cette décision du chef de l’Etat de la mise en application concrète et complète de cette disposition constitutionnelle. C’est ce que l’Eglise catholique appelait depuis plusieurs années », a-t-il déclaré.

Il a demandé au gouvernement d’engager un dialogue avec les enseignants.   « La gratuité de l’enseignement doit être encadrée par des mesures conséquentes: un salaire juste aux enseignants et à tous les enseignants. Le versement conséquent des frais de gestion, la mise en application effective des 1er et 2è paliers de salaire. Il faut clarifier la situation des nouvelles unités (N.U) et des non payés (N.P). C’est une situation de justice. Tout enseignant qui travaille a droit au salaire », a-t-il ajouté.

Selon le Cardinal Fridolin Ambongo, les armées étrangères se sont impliquées dans les conflits violents dans le Nord et Sud-Kivu. Il a particulièrement parlé de Fizi et d’Uvira. « Dans les hauts plateaux de Fizi et d’Uvira où, se servant et animant des conflits entre nos différentes communautés, des troupes armées parfois étrangères se battent sur notre sol, jetant des populations qui ont toujours vécu ensemble dans la préoccupation, dans la douleur et dans les pleurs (...). Les informations qui nous parviennent de ce côté-là, donne l’impression que certains d’entre nous prendraient plaisir à vivre éternellement dans les conflits alors que vivre en paix avec les autres est la nature intrinsèque de l’être humain », a-t-il déclaré dans son homélie, hier dimanche 17 novembre, au stade des Martyrs.

Il a salué les efforts fournis par les autorités tant politiques que militaires. Il a plaidé pour qu’une solution soit rapidement trouvée. Pour lui, en effet, il faut instaurer une vraie justice dans cette partie du pays pour la sortir de l’état de non-droit.  Il a demandé aux autorités de dégager de la région « toutes les armées étrangères, afin de favoriser un véritable dialogue interne capable de sortir de la crise ».

Tshisekedi appelle à l’unité

Pour sa part, le Président de la République Félix Tshisekedi a appelé ce dimanche 17 novembre les Congolais à l’amour et à l’unité, pour développer la RDC. Il a lancé cet appel lors de son intervention au cours de la première messe du Cardinal fridolin Ambongo au Stade des Martyrs. Il a aussi rappelé que la démocratie congolaise est encore fragile.

« Je ne puis terminer cette adresse sans exhorter chaque congolaise et chaque congolais, politique ou pas, de se rappeler à chaque instant que notre démocratie est encore fragile. Et que c’est unis dans l’amour de la Nation, avec foi en Dieu, que nous bâtirons un Congo qui apportera non seulement la joie à tout notre peuple, mais aussi des réponses à ses attentes, afin d’améliorer ses conditions de vie. Telle est ma profession de foi », a rappelé Félix Tshisekedi.

Il appelle les Congolais à la tolérance et à dépasser les clivages partisans. « J’exhorte aussi les uns et les autres à dépasser les clivages de tous ordres, les sentiments partisans et à mettre fin à toute forme de diabolisation pour réussir ensembles cette sublime mission que Dieu nous confiée. L’amour, la tolérance, la solidarité ainsi que la cohésion nationale doivent être les maîtres mots. Car il n’y a pas d’un côté les anges, de l’autre des démons. Nous sommes tous pécheurs. Le temps de la repentance est arrivé pour œuvrer en faveur du développement du Grand Congo », a fait remarquer le chef de l’Etat.

Le Président Félix Tshisekedi s’est engagé ce même dimanche à apporter tout son soutien pour la réussite du ministère du cardinal Fridolin Ambongo. Il demande au peuple « de prier pour le Cardinal et pour les dirigeants,et affirme le nouveau cardinal est une fierté pour le pays ».



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