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Dans l’entre-deux feux : Macron en Afrique centrale malgré lui

Le président français Emmanuel Macron effectue une tournée diplomatique en Afrique centrale, dès mercredi de la semaine en cours. Les observateurs constatent que cette visite (qui met la RDC au bout de l’agenda), intervient dans un contexte bouillonnant, aussi bien pour le pays de l’intéressé que pour l’Union européenne. C’est ce que d’aucuns appellent, non sans évidence, ‘’l’entre-deux feux’’ : En effet, la situation en Ukraine avec l’invasion russe sous administration de Vladimir Poutine, n’est pas pour permettre aux pays de l’OTAN de s’endormir sur leurs lauriers. ‘’Nul ne sait où ni jusqu’à quand veut aller Poutine’’, clamait il y a peu, un correspondant de presse. Comme on le comprend, l’ampleur de ce feu n’est pas à la portée, pour que le président français envisage de jouer au pompier. L’autre feu, et non moins préoccupant, c’est la situation en Afrique. En son temps, feu  le président François Mitterrand disait : ‘’Sans l’Afrique, la France est un véhicule sans moteur’’. A l’heure où la jeunesse du continent noir prend ses distances psychologiques par rapport à la France, la Russie est sur toutes les lèvres, perçue comme pays à diplomatie non-offensive, et susceptible de sortir le continent du bouillonnement armé d’un bout à l’autre.

Si Luambo Makiadi Franco pouvait retentir outre-tombe  

En effet, le musicien congolais (mort en octobre 1989), avait chanté ‘’Michel’’ (Misele, en lingala) : ‘’Misele yaka oo o, mobali oyo alembisi ngai, oo o, ata avocat na kofuta o o, obetela ngai ye o oo. Misele tata oo o, ngai ndeko ya mobali te oo o, soki yo te  Misele o o o, nakomono pasi o o o. (Le mari difficile battant son épouse à temps et à contretemps, finit par révolter celle-ci. Aussi sollicite-t-elle l’intervention de Michel, promettant de payer (avocat) pour qu’il fasse le poids et, éventuellement, impose des temps nouveaux).

A cause notamment de l’idée trop appuyée sur le secteur minier par les nationaux et étrangers (parmi lesquels le tandem multinationales et puissances militaro-affairistes), le Congo a été plongée dans un cycle de déstabilisation, voilà trois décennies. Bien des élites ont dénoncé cette triste réalité, les uns et les autres dans leur langage particulier :

 ‘’Les Occidentaux créent des guerres partout’’, dixit le professeur Emile Bongeli

Dans son livre de parution récente intitulé : ‘’La Mondialisation, l’Occident, la RDC’’, le professeur sociologue Emile Bongeli fustige l’attitude va-t’en guerre des milieux militaro-affairistes occidentaux. ‘’Le Nigeria première puissance économique d’Afrique, on lui crée le ‘’Boko Haram’’ (groupe terroriste défiant le Nigeria et des pays de la région).L’on a créé des zones de tension dans toute la bande Est de la RDC, pour l’empêcher d’amorcer son développement’’, dixit l’auteur mercredi 25  janvier 2023, reçu à l’émission télé ‘’Ecriteau’’ pour la présentation de son livre.      

‘’Nous avons à lutter contre les terroristes et leurs sponsors étrangers. Car les terroristes sont souvent fabriqués pour déstabiliser nos Etats’’ (Le ministre malien Abdoulaye Diop, mardi 7 février courant. C’était à l’occasion d’un point de presse coanimé avec le ministre des Affaires étrangères russe Sergueï Lavrov à Bamako, balancé en différé sur France 24)

 

Si Macron pouvait, à l’instar du Christ, se préoccupait de son moi, vu des autres : ‘’Qui suis-je aux dires de la jeunesse africaine ?

En RDC, la rue lui dirait : t’as pas mis à profit ton mandat pour rappeler l’Afrique à Kagame’’, le caressant dans le sens du poil, dans son entreprise macabre.

Quand Goïta dit ‘’non’’ !

La donne change pour l’opération ‘’Barcane’’ dans le désert malien. Il faut réinventer d’autres prétextes pour les besoins de la cause. Certains milieux afro pessimistes avaient le pressentiment que le sort du colonel malien serait similaire à celui du colonel libyen (Mouammar Kadhafi), esseulé, retranché… rendu au silence par les tirs croisés de l’Américain Barack Obama et du Français Nicolas Sarkozy, précisément le 20 octobre 2011. Hélas ! ‘’Vos pensées ne sont pas mes pensées’’, prévient L’Eternel.  

Ancienne sénatrice américaine, Cynthia Mckinney constate le mutisme du Conseil de sécurité

Elle a également été l’envoyée spéciale de l’ancien président Bill Clinton dans la Région des Grands Lacs. Cynthia McKinney a notamment écrit ce qui suit dans sa préface du livre de Charles Onana ‘’Ces tueurs tutsi au cœur de la tragédie congolaise’’,  en page 9 : ‘’A vrai dire, nous disposons des preuves suffisantes sur ce que fait le Rwanda dans cette partie de la région. Mais à ce jour, aucune sanction n’a été prise pour arrêter la guerre et le pillage des ressources naturelles en RDC.  Lorsque j’étais au Congrès, j’avais aidé le groupe d’experts des Nations-Unies à rassembler des preuves sur le pillage en RDC. Au final, le Conseil de sécurité n’a adopté aucune sanction à l’encontre des pilleurs.     



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