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Lutundula tranche : « Il n’y aura pas de glissement »

Après le sommet Union européenne-Union africaine à Bruxelles, auquel Christophe Lutundula, Vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères a accompagné le Premier ministre Jean-Michel Sama Lukonde, il a accordé une interview à Rfi, dans laquelle il a affirmé qu’il n’y aura pas de glissement. A l’en croire, ce qui est important pour nous, c’est l’engagement que le président a pris. Il a répété qu’il n’a aucune intention de faire ce que nous avons connu dans le passé. On va respecter la Constitution. Et surtout, n’oubliez pas qu’il s’agit des échéances constitutionnelles. Vous ne pouvez pas parler de l’État de droit, qui est un des piliers de la construction étatique du président de la République, et ignorer la loi de la loi.

Ci-dessous, Christophe Lutundula répond aux questions de RFI :

RFI : En juillet dernier, la République démocratique du Congo a signé avec le FMI un programme exceptionnel de quelque trois milliards de dollars sur trois ans, mais au vu des nombreux cas de mauvaise gouvernance de ces dernières années, qu’est-ce qui garantit que cet argent ne sera pas détourné ?

Christophe Lutundula : Ce qui garantit, c’est l’effort qui est déployé depuis que le président Tshisekedi est là et depuis que le gouvernement du Premier ministre Sama Lukonde est là… C’est l’effort de recouvrement des recettes publiques. Et chaque année, nous faisons des bonds et c’est ce qui fait, d’ailleurs, que le FMI est revenu. C’est ce qui fait aussi que la Banque mondiale s’est intéressée à nous et qu’avec la BAD, nous avons aussi des discussions qui sont fructueuses.

Pour lutter contre les rebelles ADF, cette « métastase terroriste », comme vous dites, vous avez autorisé des troupes ougandaises à pénétrer sur le sol congolais. Mais tous les Congolais se souviennent des exactions commises par ces troupes ougandaises -c’était au tournant des années 2000-, est-ce que vous n’avez pas fait entrer le loup dans la bergerie ?

Non, pas du tout. Nous comprenons les préoccupations de nos compatriotes, qui sont les nôtres, c’est-à-dire la répétition du drame de Kisangani. Donc c’est dans ce cadre-là que nous avons des opérations ciblées et limitées dans le temps, et qui doivent aussi sauvegarder à tout prix les droits de l’homme.

Est-ce qu’il y a des résultats ?

Il y a une accalmie qui a commencé… Évidemment, dans l’entre-temps, il y a des poches qui ressurgissent, mais ce n’est pas par un claquement de doigts que tout cela va s’arrêter.

Opération ougandaise limitée dans le temps, dites-vous, c’est l’affaire de combien de mois ?

Je ne saurais pas vous dire combien de mois, mais ce que je sais, c’est que, dans l’idéal en tout cas, les efforts tendent à rendre ces opérations les plus brèves possibles.

Nous sommes à vingt mois de la présidentielle, mais on sent monter une tension, quand même, dans la classe politique congolaise, parce que beaucoup craignent qu’il y ait un glissement de la date de cette élection et qu’elle ne se tienne pas comme prévu, en décembre 2023…

Ce qui est important pour nous, c’est l’engagement que le président a pris. Il a répété qu’il n’a aucune intention de faire ce que nous avons connu dans le passé. On va respecter la Constitution. Et surtout, n’oubliez pas qu’il s’agit des échéances constitutionnelles. Vous ne pouvez pas parler de l’État de droit, qui est un des piliers de la construction étatique du président de la République, et ignorer la loi de la loi.

Donc il n’y aura pas de glissement…

En tout cas, nous n’en voyons pas de raison. Au moment où nous parlons, nous n’en voyons pas de raison.

Vous, qui êtes l’un des plus proches du chef de l’État, en tant que vice-Premier ministre…

C’est évident…

Mais vous, qui êtes aussi un très proche collaborateur, depuis de nombreuses années, de Moïse Katumbi, est-ce que vous n’allez pas être coupé en deux le jour où Félix Tshisekedi et Moïse Katumbi s’affronteront pour la présidentielle de 2023 ?

Je crois que les choses sont claires. Je participe à l’action du gouvernement. Le bilan du gouvernement, c’est aussi mon bilan. Je suis au gouvernement, mon chef, c’est le président Félix-Antoine Tshisekedi. Ce serait quand même illogique de rester au gouvernement et de ne pas souhaiter que le président Tshisekedi continue. D’autant plus que la première fois -c’était la phase de déminage-, l’héritage était tellement lourd, qu’il n’y avait pas d’illusion à se faire en pensant que dans cinq ans le Congo va changer. C’est un travail de déminage que nous faisons, après avoir perdu pratiquement deux ans et demi, avec ce que vous connaissez… Donc je travaille totalement -et Moïse Katumbi le sait- pour que le gouvernement réussisse. Nous sommes membres de l’Union sacrée, avec Ensemble pour la République [Ndlr : le parti de Moïse Katumbi].

Pour l’instant, vous êtes fidèle au chef de l’État, mais en décembre 2023…

Je suis fidèle au chef de l’État, je travaille à sa réussite.

Êtes-vous en train de nous dire que, finalement, pour 2023, vous conseillez à Moïse Katumbi de ne pas être candidat et de soutenir la candidature de Félix Tshisekedi ?

On n’en est pas encore là. Mais je dis que, pour moi, il faut continuer le travail sous le label de l’Union sacrée et sous le leadership de Félix-Antoine Tshisekedi, que nous soutenons. Ce serait tout de même ridicule que d’être dans ce gouvernement, de travailler au côté du président Tshisekedi, et de dire demain que nous avons échoué, « Monsieur le président, ne continuez pas… ». Ça, ça ne va pas quand même ! La logique la plus simple, c’est de dire « Je jette l’éponge, je m’en vais… ». Je n’ai pas envie de jeter l’éponge.



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