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Nouveau Premier ministre: C’est Sama Lukonde

Fini le suspens. La République démocratique du Congo a, enfin, un premier ministre. Le Président de la République, Félix Tshisekedi vient de nommer, hier après-midi, Jean-Michel Sama Lukonde Kyenge, 43 ans, au poste de Premier ministre, en remplacement de Sylvestre Ilunga Ilunkamba, destitué suite à une motion de censure en janvier dernier. L’annonce a été faite ce lundi 15 février sur la télévision nationale par le porte-parole de la présidence, Kasongo Mwema Yamba Yamba. A peine nommée par ordonnance présidentielle, le nouveau Premier ministre, un natif du Grand Katanga, a eu un tête-à-tête avec le Président de la République. La tradition veut qu’en pareille circonstance, l’oiseau rare reçoive vraisemblablement des félicitations de la plus haute autorité du pays. Qui, en plus, lui prodigue de sages conseils pour la réussite de sa mission.

« Comme vous l’avez suivi tout à l’heure, il a plu à son Excellence Monsieur le Président de la République Félix-Antoine Tshisekedi, Président de la Rdc, de porter son choix sur ma modeste personne pour occuper les fonctions de Premier ministre de ce grand et majestueux pays, la Rdc », dit-il devant la presse, avant de renchérir que les premiers mots sont d’abord ceux de remerciements et de reconnaissance envers son autorité, pour ce choix. Ensuite, nous rendons grâce à Dieu, parce que c’est lui, le Maitre des Temps et des circonstances.

Et de poursuivre que tout à l’heure, le Président de la République a bien voulu nous accorder sa première audience. « Nous avons eu un entretien, parce que je tenais à avoir sa vision qui s’inscrit dans l’union sacrée de la nation et ses mots sont revenus sur les préoccupations qu’il a entendus du peuple congolais à travers les consultations. Ces préoccupations concernaient essentiellement la sécurité. Comme vous le savez, ça va être un des domaines prioritaires, particulièrement dans l’Est de la Rdc et au Katanga. Ensuite, comme vous le savez, nous avons des questions sociales, du développement, de justice pour tous, d’accès à l’éducation », dit-il.

A l’en croire, le Chef de l’Etat est revenu sur la question de la gratuité, la santé à travers l’accessibilité à des soins de santé pour tous. « Quand vous regardez toutes ces questions, elles demandent à ce que l’Etat puisse se doter des moyens de sa politique. Ces moyens passent par les recettes qui doivent accroitre. Cela va demander que nous puissions appliquer, avec le Gouvernement qui va être formé, les pratiques de bonne gouvernance à outrance, de rigueur, de lutte contre les antivaleurs, la fraude en général », martèle-t-il.

Le Premier ministre a dit avoir pris l’engagement de répondre à l’appel du chef de l’Etat dans ce secteur et il promet de se mettre au travail dès à présent. Ensuite, poursuit-t-il, nous avons parlé des réformes, parce que le pays en a besoin, dans plusieurs secteurs. Ces réformes, nous allons les mener, que ça soit dans le secteur fiscal, de la loi électorale, de la digitalisation du pays, tous ces grands défis et ces grandes réformes qui doivent venir, nous espérons les faire sous le contrôle bienveillant du parlement.

Une taille réduite

Pour lui, le Gouvernement de l’Union sacrée pour la nation est un gouvernement qui se veut au service du peuple congolais. Pour cela, nous allons demander à toute la nation, à tout le peuple congolais de l’accompagner, parce que sans lui, il ne pourra pas réussir. Ayant passé près d’une  heure avec le Président de la République, le Premier ministre a avoué qu’il ne saurait résumer tout ce qu’ils se sont dit. Il a donné rendez-vous à tout le monde le 15 mars prochain au Parlement, où il va décliner l’action de son gouvernement. Il a, par ailleurs, rappelé que tout ceci doit se faire  dans un contexte où nous vivons la pandémie de la Covid-19 et que c’est important que nous puissions respecter les mesures barrière.

Répondant à une question de la presse sur la taille du Gouvernement, le Premier ministre  a précisé que la taille du gouvernement a été plus ou moins annoncée par la volonté du Président de la République, pour dire que cela devra être réduit. Ça sera certainement moins que la taille du gouvernement actuel. Pour le reste, rassure-t-il, nous allons nous mettre en contact avec l’Informateur qui va nous donner les résultats des travaux qu’il a fait, ça va nous permettre de discuter avec les différents responsables. Bien sûr en leur faisant comprendre que nous n’avons pas le temps qui joue avec nous. Parce que le 15 mars, nous allons nous présenter au Parlement.

En ce qui concerne le profil, il confirme qu’il va revenir sur des personnes de bonne moralité, d’une moralité avérée, parce que c’est important et par la suite, la participation féminine. M. Sama Lokonde a insisté sur le fait que chaque fois, cela a toujours été des demandes faites aux formations politiques, après il y a des travaux qui doivent se faire pour voir comment améliorer. « Moi, je veux démontrer qu’on aura un gouvernement avec une grande participation de la jeunesse et de la femme », affirme-t-il.

Des défis

Sama Lukonde hérite d’un Exécutif à multiple défis. S’il est vrai qu’il est technocrate et qu’il ne pourrait pas faire ombrage au Président de la République, le nouveau Premier ministre doit néanmoins relever plusieurs défis. Même si la crise provoquée par la pandémie à coronavirus a assené un grand coup à l’économie du pays, Sama Lukonde devra s’investir pour la diversification de l’économie. Ainsi, l’enveloppe qu’il proposera pour le prochain budget sera le signe qu’il est déterminé à mobiliser plus de recettes, pour le compte du trésor public.

Au-delà de l’économie, la sécurité demeure un défi de taille, pour mettre un terme à l’insécurité qui gangrène encore la partie Nord-Est du pays. Et ce, même s’il est attendu que les FARDC prennent de plus en plus d’ampleur, de plus en plus de force pour être capables de défendre la Rdc  et tout le territoire national. Tous ces efforts fournis et d’autres qui le seront au cours de la nouvelle année, ne visent qu’à redonner à notre armée et à notre police une capacité offensive et dissuasive indispensable à garantir la paix et à protéger notre patrie.

Considérant que l'éducation est le moteur de développement d'un pays, le Premier ministre doit poursuivre la politique de la gratuité de l’enseignement de base, sans oublier les réformes fondamentales retenues dans la Stratégie Sectorielle de l'éducation et de la Formation 2016-2025 soient mises en application. Ainsi donc, au fur et à mesure que la mobilisation des recettes publiques va s’accroître, la quote-part du budget allouée à l'éducation doit s'améliorer conséquemment.

Au même moment, la Rdc devra rompre avec la culture du potentiellement riche pour s’inscrire dans la logique de la réalisation effective et efficiente de ses potentialités. Et le Premier ministre devra parachever la réforme des entreprises publiques et la mise en œuvre effective des établissements publics susvisés, est la révisitation du monopole dont jouissaient hier encore la SNEL et la REGIDESO. Ces deux entreprises publiques devenues des sociétés commerciales, paraissent insuffisamment outillées pour continuer à desservir notre population devenue plus nombreuse à travers toute la République.

Au niveau de la diplomatie, une bonne prise en charge des ambassades et consulats s’impose dans le but de développer une diplomatie plus ambitieuse, en même temps qu’il est urgent d’apporter certaines réformes qui tiennent compte des contraintes du moment. Co



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